trans-transgenre-transidentité

“Celui-là, c’est un travelo, non un PD ! euh tu sais enfin un mec mais meuf un peu…” On en entend des bêtises au sujet des transidentités et du genre. Beaucoup confondent orientation sexuelle, genre et sexe. Il est donc plus que temps de remettre les points sur les culs !


Je t’avoue que pour moi aussi, toutes ces notions étaient super floues avant de me renseigner. Et même en ayant amassé ces connaissances, certains points restent confus. Je ne suis absolument pas incollable sur le sujet ! Je te parle donc aujourd’hui de ce que je pense maîtriser.

Si tu as des connaissances à apporter, laisse un commentaire ! J’ajouterai tes suggestions à mon article.

Qu’est-ce que le sexe ?

Avant d’aborder la notion de genre, abordons une notion plus accessible (enfin pour mon petit cerveau, ça l’est) : celle du sexe. Le sexe étant une partie biologique du corps humain, elle en devient plus concrète et plus facilement représentable.

Pour déterminer le sexe d’un individu, on prend en compte trois critères :

  • la génétique (sexe génétique) : si tu es ou non détenteur.ice des gènes associés au chromosome Y
  • l’aspect gonadique (sexe gonadique), s’il y a des ovaires ou des testicules
  • l’aspect phénotypique (sexe phénotypique), c’est-à-dire les organes externes (vulve, pénis)

Les chromosomes sont porteurs de gènes qui définiront le type de gonade de l’individu qui sécrétera des hormones qui décideront du développement des organes génitaux externes et internes.

Grosso modo, un sexe mâle, c’est un sexe avec un chromosome Y, des testicules et d’une verge. Un sexe femelle, pas de chromosome Y, des ovaires, un utérus, un vagin et une vulve. Ça, ce sont les deux archétypes les plus répandus et les plus courants. 

Ces sexes là assurent des fonctions reproductrices lorsqu’ils sont combinés ! (tu saisis l’image)

On dit alors de notre espèce qu’elle utilise l’allogamie: c’est-à-dire que deux individus de sexes mâle et femelle sont nécessaires pour obtenir un troisième individu. Pas comme les plantes qui s’auto-fécondent par exemple.

 

Existe-t-il d’autres sexes qui ne seraient ni mâle, ni femelle ?

Nous sommes tous singuliers et dans les diverses manifestations de notre singularité on trouve des intersexes. Un intersexe, c’est un sexe qui ne rentre pas dans la catégorie “mâle” ou “femelle”, parce que l’un ou plusieurs de ses critères ne correspondent pas aux archétypes mentionnés plus haut.

L’intersexuation se manifeste sur le plan hormonal, gonadique, anatomique et chromosomique. Par exemple, tu peux avoir un taux de testostérone très élevé alors que ton sexe anatomique et tes gonades voudraient que tu en aies moins. Ou bien, tu peux avoir une vulve sans utérus. Bref, il existe une infinité de combinaisons !

La majorité des gens imaginent des sexes “déformés“, mi-vulve, mi-pénis alors qu’en réalité, ces sexes sont très rares. La réalité est beaucoup plus complexe comme tu as pu le comprendre. Souvent, on ne décerne pas l’intersexuation du nouveau-né, tout simplement parce que ce n’est pas visible.

Tu prendras soin de ne pas dire un sexe ou une personne hermaphrodite. Un sexe hermaphrodite, c’est un sexe qui possède les deux attributs mâles et femelles sans que cela ne perturbe leur fonctionnalité. Il s’auto-suffit pour la fécondation, ce qui n’est pas le cas des personnes intersexes ou intersexuées.

Dans la grande majorité des cas, les personnes intersexes ou intersexuées ne rencontrent aucun problème d’ordre physique. En revanche, elles peuvent souffrir de discrimination et/ou d’invisibilisation. Si tu te sens concerné.e, sache qu’il existe l’Organisation Internationale des Intersexués.

 

Et le genre, alors ?

Si le sexe est biologique, le genre est une construction sociale. Il ne dépend pas du sexe ! Ce n’est pas parce qu’un enfant est né avec une vulve qu’il ou elle est une fille.

Reprenons depuis le début pour clarifier ce bazar :

Le mot “genre” vient du latin “genus” qui signifie “catégorie”, “sens” ou “espèce”. En France, on utilise ce mot dans un sens non-grammatical depuis 1955, ce qui est très récent ! On comprend que les êtres humains se distinguent de part leur sexe, mais également par leurs comportements sociaux.

Wikipédia définit ainsi le genre : « [U]n système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). »

Ce qui est intéressant dans cette théorie, c’est qu’elle sous-entend que ton comportement dans la société ne dépend pas de la biologie. Par exemple, les filles portent souvent des jupes, parce qu’on leur a appris que c’est socialement acceptable et beau ; et non parce que c’est inscrit dans leurs gènes. Oui, l’exemple est gros et caricatural, mais il illustre bien le propos.

Quand on parle de femme ou d’homme, on ne parle pas du sexe d’une personne, mais de son genre. Pourtant dans nos formulaires, quand on demande le sexe d’une personne, on ne peut répondre qu’en donnant son genre (F/H/Autre). Tu sais maintenant que les choix proposés devraient être : vulve, pénis, intersexe.

Pareillement, pour indiquer des toilettes pour les personnes à vulves, on dessine une femme portant une jupe, alors que l’on devrait dessiner une vulve ! Il y a des personnes qui ont des pénis et qui portent des jupes. Devraient-elle rentrer dans les toilettes pour les personnes à vulves ou dans les autres ? Je te laisse répondre.

 

Le sexisme se base sur le genre pour asseoir son pouvoir

Si les femmes sont discriminées de part le monde, c’est à cause des constructions sociales qui entourent les femelles et les mâles. On considère que les femmes sont plus faibles naturellement que les hommes, plus douces, plus bienveillantes. A l’inverse, les hommes sont viriles, puissants et dominants.

Bien entendu tout cela n’est pas écrit en lettres d’or sur nos patrimoines génétiques. Ce sont des comportements que nous apprenons souvent inconsciemment en grandissant dans des sociétés qui répandent ces stéréotypes.  Avoir un zizi ne fait pas de toi un homme, encore moins un homme viril et puissant. 

En déconstruisant les stéréotypes de genres et en éduquant différemment nos enfants, nous pouvons combattre le sexisme. Par exemple, en laissant notre enfant aller vers les jouets qui l’attirent, les activités qui lui plaisent et en le laissant exprimer ses émotions, nous faisons de lui un être libéré du conditionnement social.

Oui, il faut laisser les petits “garçons” pleurer, se déguiser en princesse, jouer à la dînette si c’est ce qui leur plaît. Oui, il faut laisser les petites “filles” faire du karaté, jouer avec des voitures et affirmer leurs limites.

 

Etre transgenre, alors, c’est quoi ?

C’est quand ton genre et / ou l’expression de ton genre ne correspondent pas au sexe qui t’a été assigné à la naissance. Beaucoup se définissent comme des personnes transgenres, trans ou transidentitaires.

On sous-entend qu’un bébé qui naît avec une vulve est une fille. Or, son genre ne correspond pas nécessairement à son sexe. En grandissant, cet enfant se rendra peut-être compte qu’il est un garçon avec une vulve. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’utilise l’écriture inclusive.

Si ton genre correspond à ton sexe, alors tu es une personne cis-genre. Tu verras peut-être l’abréviation “cishet” sur les réseaux sociaux. Au début, je ne comprenais pas DU TOUT ce mot et je croyais que c’était un mot anglais… En fait, ça veut juste dire personne cis-genre hétérosexuelle. Je te le dis au cas où.

Les personnes transgenres sont largement discriminées dans le monde. Souvent considérées comme malades, instables ou folles, on leur fait voir des médecins, des psychiatres, pour les guérir de leur maladie au même titre que certains médecins prétendent “guérir” l’homosexualité. Oui, oui, c’est aberrant.

Les procédures de réassignations sexuelles ou de changement d’état civil sont très longues et compliquées. Les institutions ne facilitent absolument pas le processus. Pour citer une exception, en Argentine,  il est très facile de changer son état civil via une demande écrite et le témoignage de personnes tiers. Aucun examen psychologique ou chirurgical n’est nécessaire !

 

Comment sait-on que l’on est transgenre ? Est-ce une maladie ?

Se découvrir transgenre n’est pas nécessairement une souffrance. En revanche, le regard des autres et le rejet familial sont la source des maux principaux dont souffrent les personnes trans.

Etre transgenre, en soi, n’est pas une souffrance, mais devoir l’avouer à sa famille et se heurter à son incompréhension peut être dramatique voire fatal. J’aborderai la souffrance et la discrimination des personnes trans dans un autre article lorsque j’aurai plus de sources !

 

Le transsexualisme est un terme qui n’est actuellement plus utilisé. On parle maintenant de dysphorie de genre pour parler de l’état de détresse clinique que ressent une personne en découvrant que son sexe, son corps ne correspond pas au genre auquel elle s’identifie.

Toutes les personnes transgenres ne souffrent pas de dysphorie et cette dernière se manifeste à des degrés divers. Depuis 2010, la dysphorie de genre n’est plus considérée par la sécurité sociale comme un trouble de la personnalité. Il ne s’agit pas d’une maladie à traiter, à soigner ou à supprimer. 

Les personnes transgenres sont tout à fait saines d’esprit. 

On apprend sa transidentité au fil du temps. Bien souvent lorsque l’on peut poser un mot sur le mal être que l’on ressent depuis l’enfance. Les premiers symptômes peuvent apparaître très tôt : vers 2 / 3 ans. On recense des symptômes tels que le dégoût de son sexe biologique ou la difficulté à se regarder dans le miroir, car le corps est perçu comme étranger.

Je ne vais pas citer tous les symptômes dans cet article, puisque je compte le compléter par la suite avec un second article.

 

Reconnaître la transphobie et lutter contre

La transphobie désigne les marques de rejet et de violence à l’encontre des personnes trans.

Il est bon de rappeler qu’on ne peut pas influencer une personne à “devenir” transgenre pas plus qu’on ne peut transformer son enfant en homosexuel. En réalité, on ne devient pas transgenre, on l’est depuis toujours. 

Mégenrer une personne volontairement, c’est de la transphobie. Dire “il” au lieu de “elle” à une femme transgenre volontairement, c’est asseoir sa volonté de dominer l’autre et de l’humilier. En mégenrant autrui, on lui fait comprendre que l’on sait mieux que lui qui il est.

Respectons-nous. Si tu ne comprends pas les personnes transgenres, ne les humilie pas parce que ça t’échappe. Si tu trouves ça monstrueux, abstiens-toi de parler dans un premier temps et ensuite renseigne-toi ! C’est fabuleux d’en apprendre un peu plus sur la diversité de nos façons d’exister.

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La transphobie est destructrice pour les personnes transgenres. 41 % d’entre eux ont déjà tenté de se suicider.

Lutter contre la transphobie passe par l’éducation : le site web TETU a écrit un super article plein de ressources pour discuter avec son enfant de transidentité, d’identité, de genre, de sexisme… L’autrice du blog Maman Rogarde a mis en ligne deux dépliants pour aborder ces questions : un pour les petites filles et un pour les petits garçons.

Tu peux retrouver sur le site C’est Comme Ca, des portraits de célébrités transgenres, bisexuelles et / ou  gay, lesbiennes.

J’essaye d’aborder cette partie de l’article de façon positive, car les violences à l’encontre des personnes transgenres sont larges et juste insoutenables. C’est justement pour cette raison qu’il ne faut pas les rendre invisibles et les confondre avec d’autres types de violences.

C’est justement parce qu’elles sont transgenres que ces personnes se font agresser. 

J’y reviendrai plus en détail dans un prochain article.

 

L’orientation sexuelle

Il reste une seule chose dont je n’ai pas parlé : l’orientation sexuelle. Une personne trans peut être bisexuelle, hétérosexuelle, lesbienne, gay, pansexuelle, asexuelle… Changer de sexe, faire son coming out ne signifie pas changer d’orientation sexuelle.

Personne ne décide de son orientation sexuelle. Tu ne t’es pas posé.e un jour la question du choix de ton orientation sexuelle. Tu ne peux pas non plus choisir de devenir gay si tu es hétéro. Les personnes trans sont comme toi et moi.

Le terme transexuel n’est plus utilisé et ne désigne absolument PAS une personne qui change son orientation sexuelle comme on change de pantalon ! J’ai pu entendre cette réflexion ; donc je le précise ici.


J’espère que ce long article t’aura éclairé.e ! C’est un sujet qu’il me tenait à cœur de traiter. Si j’ai commis quelques maladresses, elles sont involontaires et je t’invite à me corriger ♥ Dis moi si tu as aimé cet article dans les commentaires !

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