Vous vous chauffez, la température monte et à peine commences-tu à prendre ton pied, qu’il éjacule avant de s’endormir à tes côtés, comme si tout était normal. Bilan des courses ? Tu n’as pas eu tout le plaisir que tu méritais et tu as la vague sensation d’être un sextoy vivant.


Il a son orgasme, il s’endort, elle reste les yeux grands ouverts encore incapable de vraiment comprendre ce qu’il vient de se passer, la chatte pleine de sperme. Elle va dans la salle-de-bains, prend une douche bien plus réconfortante et satisfaisante que ses caresses. C’est ainsi que se termine une journée comme une autre dans la vie sexuelle de ce couple.

C’est banal. Beaucoup se reconnaîtront. Principalement les couples hétérosexuels, puisqu’ils sont les premiers concernés. Et c’est un peu triste tout ce silence entre eux, toute cette frustration en elle qu’elle estime “normale“. Toutes ses copines vivent la même chose alors il faut bien l’accepter.

 

L’éjaculation, ce point final

Non, l’éjaculation n’est pas la dernière note de cette partition du cul. En réfléchissant ainsi, on considère que seul l’homme (je reste très hétéro/cis normée pour cet article) a droit à son plaisir et qu’après, pfiou, il est fatigué, plus vraiment capable de quoi que ce soit et qu’on ne va pas lui en vouloir pour ça…

L’orgasme féminin est vu comme quelque chose de subtil, de difficile et de complexe à atteindre. Il est donc normal dans l’imaginaire de beaucoup d’hommes (et de femmes) que ces dernières l’atteignent moins souvent qu’eux voire pas du tout.

Il est, en effet, un peu logique d’envisager l’orgasme de la vulve comme arcanique quand on sait que bon nombre de rapports sexuels hétérosexuels sont centrés autour de la pénétration et du sacro saint phallus. Que celles qui ont déjà expérimenté l’orgasme par seule pénétration vaginale lèvent la main. Elles sont peu nombreuses et c’est bien normal : les racines du clitoris ne sont pas aussi sensibles que le gland du clito.

Alors, explore le monde fascinant de la vulve, que diable ! Ne laisse pas ses lèvres appétissantes s’offrir à toi sans y avoir goûté, n’abandonne pas ce cher clitoris qui n’attend que toi pour le satisfaire.

 

Ne pas s’arrêter en si bon chemin

Beaucoup d’hommes demandent à leurs partenaires féminines si elles ont joui après avoir balancé la sauce. Une question anodine en apparence, mais en réalité, très révélatrice : “t’as joui ?” signifie simplement que l’homme dans ses relations sexuelles ne fait preuve que de peu de compassion et d’écoute.

Il est rare qu’une femme se dissimule pour jouir et avec un peu de jugeote et de communication, ça se sait … dans tout le quartier. Trêve de plaisanteries : si tu demandes à ta partenaire si elle a joui, c’est parce que tu ignores tout de son plaisir et de la façon dont elle le manifeste.

Il est temps de remédier à cela. Prends le temps d’observer ses réactions, de demander si ce que tu fais lui plait, invite-la à te guider. Ça, c’est de la bienveillance et de l’écoute. Demander vaguement à la fin “t’as joui ?” avant de ronfler, c’est trop tard et très ruuuustre.

 

Bon, ok, t’as pas réussi à te retenir

Imaginons : tu éjacules, tu as un orgasme, tout est merveilleux pour toi. Tu aurais peut-être aimé jouir plus tard (ou pas), dans tous les cas, toi, t’es comblé ; donc c’est toujours bien de combler ta partenaire après qu’elle t’ait fait un si beau cadeau.

Petite annonce : IL Y A AUTRE CHOSE QUE TA BITE DANS LA VIE ♥

Personne ne te demande de re-bander et de la monter comme un cheval pendant 45 minutes top chrono. Tu serais surpris d’apprendre qu’une femme peut atteindre l’orgasme en quelques minutes seulement si c’est bien fait.

Utilise tes doigts, ta langue ou un sextoy. C’est pratique le sextoy et particulièrement les stimulateurs clitoridiens. Tu as un maximum de résultats pour un minimum d’efforts si tu es vraiment DE-CHI-RE. J’dis ça comme ça…

 

Oui, oui l’orgasme c’est pas le but ultime

On ne le dira jamais assez, mais on peut très bien prendre son pied sans atteindre l’orgasme. C’est bien vrai, mais ce qui m’agace un peu, c’est que l’on oublie les faits : les femmes atteignent beaucoup moins l’orgasmes que les hommes dans leurs relations. 

Va dire à une nénette que c’est pas grave si elle n’a pas d’orgasme, c’est pas le principal gniah gniah. “C’est le voyage qui compte” oui mais si son voyage est tout pourri ? Parce que c’est souvent le cas, eh bien, elle va se contenter de deux palpations mammaires et d’une pénétration rapide en se disant que “c’est pas grave de pas avoir d’orgasme, c’est pas le principal dans la vie”.

Alors, je le dis haut et fort…

 

EXIGE TON PLAISIR ET TA SATISFACTION

Tu n’as pas envie de le quitter, parce que vous partagez de belles choses à côté et que tu penses que votre situation sexuelle peut trouver une issue favorable ? Exige ton plaisir. Il exige bien le sien sans culpabilité et en s’endormant après t’avoir laissée en plan.

Exige d’être traitée comme une reine, parce que quand il le demande, tu le suces et que plus le temps passe, mieux tu suces et moins il lèche. Exige de prendre ton pied, demande à être tripotée, caressée, fouettée, câlinée, chafouinée, doigtée, léchée jusqu’à ce que tu n’en puisses plus.

Il faut que ça se fasse en toute réciprocité, bien sûr, dans une dynamique de consentement libre et éclairé.

Mais s’il te plait, ne simule pas ton plaisir pour satisfaire son ego, parce que tu te fais du tort. Lui, s’imagine être le nouveau Dieu de la baise et au final, ça ne t’apporte rien du tout. Sois juste et honnête, même si ça fait mal – à l’ego.

 

Communication et solution bonus

Ce qui fait défaut, tu l’auras compris, c’est la communication. Commençons tout d’abord par être honnête. Il ne faut pas accepter une pratique sexuelle pour faire plaisir à autrui. Je rappelle que le sexe, c’est fait pour se faire du bien, sinon ça ne sert à rien.

Apprends à dire “moins vite”, “moins fort”, “plus fort”, “stop”, “avec la langue oui comme ça ah oui c’est bien”… Tu vois le délire ? Si tu n’aimes pas parler, tu peux toujours instaurer un petit code non verbal à base de jouissements et de tirages de cheveux.

Ma proposition pour sortir d’une routine frustrante ? Proposer à son / sa partenaire un rapport sexuel sans pénétration. On évite ainsi de faire des préliminaires pour préparer à la pénétration et on lâche toute idée reçue sur ce que doit être une baise bien comme il faut en bonne et dû forme.

Ainsi, vous allez être obligé.es d’innover, de sortir des sentiers battus et d’explorer les recoins inconnus du cul !


Cet article sonne comme un coup de gueule, mais il est dit avec amour et bienveillance pour une meilleure harmonie entre nos chakras dans le monde. 

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6 thoughts on “Exige ton plaisir ! Son éjaculation n’est pas le point final.

  1. Super article ! J’aurais bien voulu avoir l’occasion de le lire plus tôt 🙂 Ce site est génial
    Cependant je sais que ce problème existe aussi chez les couples homosexuels (en tout cas chez les hommes possédant un pénis; pour les autres couples je dirais que ce n’est pas impossible)

    1. Merci pour ton retour super gentil ! En effet, même si mon article est centré sur la question du modèle hétérosexuel, il est probable que d’autres formes de couple le rencontrent.

  2. Ouaouhh, les (jeunes) hommes en prennent pour leur grade!! 😳😊😊 mais c’est criant de vérité 🤔
    Rassurez vous mesdammes, en suivant ces bons conseils (si si) les choses s’arrangent avec le temps (la communication, important la communication!) au point parfois de finir par s’inverser, mais c’est une autre histoire…

  3. Super l’article 😉
    Le rapport sans pénétration convenu à l’avance est une super idée ! Mais j’ai du mal à me le représenter, simplement pcq ça ne fait pas partie de mon (et nos?) imaginaire. Du coup, j’ai l’impression que c’est vraiment quelque chose à réinventer complètement et ça peut paraître difficile de savoir comment s’y prendre. Après il suffirait sûrement de sauter le pas (j’ai pas encore eu l’occasion dc ça reste pour l’instant un “projet”)

    1. Yes ! et ça montre bien à quel point nos sexualités sont “pauvres” dans le sens où elles se résument souvent à un nombre très restreint de pratiques. S’imposer une contrainte (un rapport sans pénétration par exemple) force à la créativité. Qu’on ne se méprenne sur le sens d’imposer : c’est à prendre comme un jeu entre partenaires consentant.es 😉

      1. Souvent bien compliqué de bien faire au début : on va trop vite, on ne caresse pas comme il faut, on irrite et ça finit en fiasco alors que ça avait si bien commencé; et puis, avec beaucoup de complicité on s’apprend, mutuellement, et là où l’un était trop rapide et l’autre … restait sur le bas coté, ça finit par s’équilibrer, et même s’inverser avec le temps; c’est là où l’imagination et les jeux partagés prennent toute leur importance…

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