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Avec l’explosion du mouvement #metoo, la parole des femmes se libère. Ce mouvement merveilleux qui a permis à beaucoup de s’exprimer a ramené sur le devant de la scène un sujet tabou : le viol. Une bonne occasion pour déconstruire les mythes qui l’entourent. 


Le viol est tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise (légifrance). Le viol est puni de 15 ans de réclusion criminelle.

1. Le mythe du viol dans la ruelle sombre

Quand je dis “viol”, quelle est la première image qui te vient en tête ? Un inconnu attrapant sauvagement une jeune femme en mini-jupe dans une ruelle sombre en pleine nuit ? Pourtant cette image n’est absolument pas représentative d’un viol, puisqu’elle ne concerne qu’une minorité de cas.

En réalité, que tu sois une femme ou un homme, les personnes les plus susceptibles de te violer sont celles que tu connais le mieux : un mari, un oncle, un ex-conjoint, une petite-amie, une amante… Autrement dit, les violeurs sont, dans la plupart des cas, des personnes qui connaissent bien leur victime.

Pour certains, un mari ne peut pas violer sa femme et vice-versa, parce que les époux se doivent de remplir leurs devoirs conjugaux : le sexe en ferait partie. Or, il n’est nulle obligation en matière de sexualité. Tout pénétration (anale, vaginale, buccale) non consentie ou à moitié consentie est un viol.

Si demain, ton copain te demande une fellation, en prétextant qu’il est en droit de te réclamer un acte sexuel du fait que vous êtes en couple, alors que tu n’y consens pas : c’est un viol. Tu ne dois rien sexuellement à personne. Même pas à la personne avec laquelle tu vis.

 

 

On estime le nombre de viols chaque année en France à 75.000, ce qui représente 9 viols par heure. Malheureusement, on ne recense que 16.000 plaintes pour viols environ tous les ans. Si le chiffre est en progression, encore trop de victimes n’osent pas porter plainte :

  • Soit parce qu’elles se sentent coupables, un processus psychologique que les violeurs maîtrisent très bien.
  • Soit parce qu’elles ont peur de ne pas être entendues. Le corps policier n’est pas formé à recevoir des plaintes pour viol. Bon nombre de victimes ne sont pas crues. Certaines sont même humiliées avec des questions du type : “Comment étiez-vous habillée?”. La victime serait alors responsable de son agression ! Quelle blague !

 

 

Il y a également la peur des représailles. Personne n’a envie de mettre sa vie en danger ou celles de ses enfants. Notre gouvernement ne se montre pas à la hauteur : combien de procès requalifiés en “attouchements sexuels” alors qu’il s’agissait clairement de viols ?!

2.Les hommes aussi sont victimes de viols

“Les hommes ne se font pas violer… ils n’ont pas de… tu sais …? De toute façon, il n’y a que les sous-hommes, les tapettes qui se font violer !”

Tu as sûrement déjà entendu ou lu ces mots sur internet. Peut-être même que tu le penses ! Dans ce cas, j’espère te donner les informations nécessaires pour que tu puisses changer d’avis.

Comme déjà expliqué, le viol est une pénétration non consentie, c’est-à-dire qu’une fellation forcée (oui ça existe) ou une sodomie sous contrainte sont des viols. Les procédés employés par les violeurs féminins ou masculins sont les mêmes peu importe le sexe de la victime ! Il y a toujours le même type de pression, de menaces ou de contraintes.

On m’a déjà dit qu’un homme ne pouvait pas se faire violer par une femme, parce que cette dernière ne pouvait pas le pénétrer. Quelle aberration ! Tout d’abord, un homme peut violer un homme, une femme peut violer une femme, un homme peut violer une femme, une femme peut violer un homme. C’est plus clair ? Donc oui, une femme peut violer un homme si elle l’a pénétré ou forcé une pénétration.

De plus, dans la définition du viol, un violeur peut user d’objets pour violer sa victime ou ses doigts. Oui, oui, un viol ce n’est pas nécessairement un zizi dans un vagin qui ne veut pas du zizi.

Si les victimes sont majoritairement des femmes, les hommes sont également touchés. Il est important que leur parole soit entendue et que toutes les victimes d’agressions sexuelles puissent porter plainte sans craintes.

3. Pourquoi elle ne dit pas non ?

C’est ce qui surprend toujours. Les victimes ne se débattent pas, ne verbalisent pas ou peu leur refus. Donc, c’est qu’elles le voulaient un peu quand même, non ? Que nenni, mon coco.

Parfois, la meilleure façon de se protéger, c’est de ne rien faire. Pour se prémunir d’un arrêt cardiaque, le cerveau emploie deux stratégies : la sidération et la dissociation. En cas d’agression, le cerveau libère de grosses charges d’adrénaline et de cortisol. La pression artérielle augmente avec le flux sanguin. Résultat ? Les signaux sont si intenses en cas de viol et d’agression sexuelles que le cerveau surchauffe. Il est complètement envahit par l’information. On parle alors d’état de sidération. La victime devient incapable de faire quoi que ce soit.

Mais le niveau de stress, lui, continue d’augmenter considérablement. Le cerveau vient alors calmer cette affluence d’hormones (cortisol et adrénaline) avec de la morphine et de la kétamine.  C’est ce qui provoque l’état de dissociation, cette impression d’être hors de soi, d’être spectateur de la scène – un phénomène couramment décrit par les victimes de viols. Les victimes sont donc généralement physiquement incapables, pour leur survie, de se débattre ou de crier. 

Conclusion ? Une victime, même si elle ne se défend pas, reste une victime. Alors, arrêtons de trouver des prétextes aux violeurs et mettons fin à la culture du viol.


Psst si tu es intéressé.e par les statistiques, tu peux aller sur le site du Planetoscope, qui recense notamment le nombre de viols estimés par an en France.

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2 thoughts on “Viol : 3 préjugés à bannir

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